Pour la zone euro, la stagnation est une menace directe

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La dépression Euro au-delà des frontières

La dépression Euro au-delà des frontières

Lors des réunions annuelles du Fonds monétaire international et de la Banque Mondiale en octobre 2013, la crise de la zone euro a été déclarée officiellement terminée. Un an plus tard, nous savons que cet optimisme s’est avéré illusoire : nous sommes entrés dans la septième année d’une dépression sans fin.

Le calendrier montre des parallèles évidents avec la grande dépression aux États-Unis. Elle fut déclarée terminée en 1936 quand le niveau de l’activité économique d’avant la crise fut atteint. Resserrement budgétaire et monétaire ont conduit à une nouvelle récession en 1937 et 1938 et en réalité, il ne s’agissait pas de deux récessions consécutives, tout comme il n’y avait pas eu de récession à double effet dans la zone euro récemment, voire à triple pour ce qui est de l’Italie.

Mais tous ont traversé de longues dépressions semées de quelques pauses d’optimisme. La dépression de la zone euro a commencé en 2008 et ce que le monde a célébré l’an dernier n’était que l’une de ces pernicieuses interruptions.

A bien des niveaux, notre dépression est pire que celle vécue il y a huit décennies. Ce n’est pas seulement un yo-yo géant, c’est un no-money land qui quitte définitivement le dessous de la trajectoire pré-crise de la production économique. Revenir à la bonne trajectoire nécessiterait des taux plus élevés que ceux que nous avons connus au cours de la décennie précédente.

La bonne nouvelle est que la démocratie n’est pas en danger. La stabilité politique, cependant, nourrit la complaisance. Sans une réponse politique claire, la dépression laisse entrevoir le danger de se transformer en une stagnation séculaire, mesurée en générations et non en années.

Ce qui a mis fin à la grande dépression fut l’expansion budgétaire pour financer la préparation de la Seconde Guerre mondiale, un modèle à suivre difficilement. Avec une union monétaire heureuse de vivre sans un budget global ou un mécanisme de transfert central, la zone euro n’a pas sa propre capacité financière. L’Allemagne est plus autonome, mais joue la carte de la solidarité en ne veut pas en abuser ; France et Italie n’en ont pas, mais et veulent l’utiliser. Le montant total de cette absurdité est un nombre assez proche de zéro, servie de beaucoup de bruit aux alentours.

La France et sa population étouffée d’impôts, de taxes, d’augmentations et d’un taux de chômage record, a peur de se retrouver interdit bancaire, et ce qui vaut pour son économie, vaut pour ses contribuables.

La bonne solution devra venir de la politique monétaire. Ce fut aussi le message du formidable rapport de Genève, compilé par un groupe d’universitaires qui voient le réel danger d’une stagnation séculaire. Leur recommandation est l’expansion monétaire, y compris l’assouplissement quantitatif, combinée à un engagement crédible à maintenir les taux d’intérêt bas pour une durée très longue.

La politique monétaire fonctionne à travers de nombreux canaux et le taux de change n’est pas le plus important. Une dévaluation de l’euro devrait être extrême pour avoir un impact conséquent soulignent par exemple, les exportateurs italiens. Il n’y a que les exportations hors de la zone euro qui pourraient en bénéficier.

Au cours des trois derniers mois, le taux de change pondéré par les échanges de l’euro a baissé de moins de 4%, et ce changement comprend déjà les attentes des futurs marchés. Comme les États-Unis, la zone euro est une grande économie relativement fermée. Le taux de change n’y est pas totalement étranger, mais pas plus important que cela.

La principale voie par laquelle la zone euro pourrait fonctionner est la voie dite équilibre du portefeuille : quand la BCE achète cinq ans d’obligations, les vendeurs vont essayer de remplacer ces obligations avec des titres présentant des caractéristiques similaires. Si cela se produit, le prix des obligations devrait bondir, leurs taux d’intérêt tomberaient, et les entreprises auraient plus de facilités à lever des fonds.

Mais il y a mieux à faire pour la zone euro. Que diriez-vous d’un programme d’investissements ou de crédits d’impôts, financé par la BCE ?

Tandis qu’ils s’y afféreraient tous, ils pourraient également suspendre le pacte budgétaire car il est impossible que l’Italie ou la France atteignent leurs objectifs dans un avenir proche. Malheureusement, la discussion va dans l’autre sens. La grande crainte de Bruxelles est que la nouvelle Commission Européenne ne sera pas suffisamment stricte sur l’application des règles de déficit du traité de Maastricht.

Lors de leurs auditions, il a été déprimant de voir que les délégués fraîchement arrivés ne proposent aucune nouvelles idées sur la façon de faire de l’euro une monnaie durable et stable.

La meilleure des solutions, bien que temporaire devrait venir, comme d’habitude, de la pression des pays étrangers.

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